Regarder l’avenir avec lucidité etengagement
- Hendrik Vandamme
- 7 juil.
- 4 min de lecture
« On commence un jour, quelque part, avec la conviction que l’on peut et doit apporter sa contribution à l’amélioration de la position du planteur de betteraves… sans savoir où cela nous mènera. »
Une dynamique ascendante et descendante
Lorsque j’ai fait mes premiers pas dans la défense des intérêts des planteurs de betteraves en 1992, en tant que membre du comité d’usine élargi de la sucrerie de Furnes, je n’imaginais pas un instant qu’un jour, j’écrirais en tant que président de la CBB un mot dans le Betteravier. Après
le passage de la sucrerie de Furnes du groupe Raffinerie Tirlemontoise au groupe Couplet, rapidement suivi par la reprise par le Suikergroep et un passage par la sucrerie de Moerbeke-Waas, je livre aujourd’hui mes betteraves à Iscal Sugar à Fontenoy.
Entre-temps, en tant que délégué pour la région de production Dixmude-Furnes-Ostende, j’ai franchi toutes les étapes des structures flamandes et nationales de représentation des planteurs dans les comités d’usine et les sociétés de participation Sopabe-T et Sopabe. Durant les douze dernières années, j’ai également été vice-président de la CBB, au nom des planteurs flamands auprès d’Iscal Sugar. Depuis 2019, je suis aussi vice-président de l’Institut Betteravier IRBAB, où je veille, au nom des planteurs et en concertation étroite avec les industriels, au bon cap en matière de recherche sur les maladies, ravageurs et techniques.
En tant que membre du Comité économique et du Comité technique et de réception de la CIBE, ainsi que membre de l’institut international de recherche IIRB, je participe depuis 12 ans aux discussions sur les dossiers politiques européens et les priorités de recherche internationale.
Jusqu’à récemment, j’étais président de l’ABS (Algemeen Boerensyndicaat) et du Conseil stratégique flamand pour l’agriculture et la pêche, et je suis convaincu que l’expérience acquise dans ces fonctions me sera précieuse pour diriger la CBB vers l’avenir.
En tant que président, je compte maintenir et renforcer les liens avec la base et assurer un retour d’information pertinent, afin de défendre au mieux les intérêts de tous les planteurs belges. Car c’est là la raison d’être de la CBB : la défense des intérêts de ses membres.
Dossiers nationaux
La défense des intérêts au niveau national (politique) reste cruciale pour le secteur betteravier. En plus des accords interprofessionnels négociés chaque année au niveau des sucreries, plusieurs enjeux dépassent les niveaux sectoriels et politiques : les relations interprofessionnelles soumises à la surveillance économique et concurrentielle, l’homologation des substances actives en phytopharmacie, les nouvelles techniques de sélection variétale,
le contrôle des résidus de nitrates dans les sols, la qualité des sols, les défis liés au changement climatique, la décarbonation de la culture et de la transformation des betteraves, la valorisation de nos betteraves et de tous les coproduits…
Les discussions actuelles portent également sur la valorisation des pulpes comme aliment, mais aussi comme source d’énergie via la méthanisation. De plus, la répercussion des coûts de production, qui ne cessent d’augmenter partout en Europe et pas seulement en Belgique, reste un enjeu. La Belgique est le cinquième producteur de sucre en Europe, et la CBB entend bien continuer à le faire savoir.
L’accord Mercosur que la Commission européenne cherche à faire passer à tout prix est pour nous « non négociable ». C’est un dossier pour lequel je me suis déjà fermement engagé dans mes mandats précédents. Je suis convaincu que nous devons maintenir notre ligne de résistance,
main dans la main avec nos collègues européens de la CIBE, et aux côtés des sucreries, elles aussi fortement impactées.
Cap vers un avenir durable
Je débute ce mandat avec la ferme conviction que les planteurs de betteraves belges ont plus que jamais droit à une défense professionnelle de leurs intérêts. Les défis sont nombreux. Je souhaite que la CBB participe activement au débat de fond sur l’agriculture durable, un domaine dans lequel la culture de la betterave est un exemple : réduction continue des intrants phytosanitaires, désherbage de plus en plus mécanique jusqu’à la robotisation, taux très faibles de résidus de nitrates après culture, circularité complète de la betterave et rôle de la betterave
dans une rotation saine en grandes cultures.
Je débute ce mandat avec la ferme conviction que les planteurs de betteraves belges ont plus que jamais droit à une défense professionnelle de leurs intérêts. Je souhaite également unir tous les acteurs de la défense syndicale, toutes usines confondues, pour tirer le meilleur parti de la culture et de notre fonctionnement syndical. Le conseil d’administration de la CBB devra pour cela examiner plusieurs scénarios et prendre des décisions afin de garantir que votre cotisation syndicale par tonne de betteraves reste la plus basse possible et utilisée de la manière la plus efficace, avec un personnel réduit, sans jamais perdre de vue notre mission : veiller à ce que vous, en tant que planteur, obteniez ce à quoi vous avez droit, en regardant l’avenir avec lucidité.
Hommage à Jef Cleiren : un homme de dialogue
Je termine ce mot par un remerciement à mon prédécesseur, Jef Cleiren, qui a assumé la présidence pendant quatre ans. Jef a guidé l’organisation à travers une période turbulente marquée par une première réforme interne, des tensions géopolitiques et une pression sur les prix. Il a su bâtir des ponts entre régions, générations et organisations, notamment grâce à son bilinguisme et à son expérience d’ancien président du comité d’usine de Tirlemont.
Sous sa présidence, la CBB a défendu avec vigueur les intérêts des planteurs de betteraves dans des dossiers tels que le maintien des produits phytopharmaceutiques, le prix du sucre et l’avenir de la culture de la betterave en Belgique.
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